Gainsbourg Birkin La rupture

Jane Birkin quitte Serge ! Après leur séparation, il rencontre Bambou

A la mi-septembre 1980, au cours d’une nuit funeste, Jane quitte Serge en emmenant ses fillettes : lassée de ses excès, elle a craqué.

Kate et Charlotte avaient depuis un moment confusément senti que ça n’allait plus : leur maman en qui elles ont toujours vu le vrai «chef de famille» ne retrouvait plus le Gainsbourg qu’elle aimait derrière son double alcoolisé.

Gainsbarre, dualité terrible que Serge fixera à jamais dans les mémoires en enregistrant un peu plus tard «Ecce Homo». Tout s’est passé très vite, brutalement. Jane a dit aux petites de faire leurs valises. Kate, désemparée, a rejoint Serge, à qui elle voue un amour complètement passionnel, dans la cuisine, pour lui parler.

Elle avait envie de rester avec lui, elle avait peur qu’il ne sache pas se débrouiller tout seul. Elle se souvient qu’il avait l’air d’un môme qui ne réalise pas la grosse bêtise qu’il vient de commettre…

Le premier article officialisant la rupture paraît dans Le Journal du dimanche, le 9 octobre : «Le rire de mes enfants me manque à crever», déclare Serge.

Le 24 octobre, Jane et ses filles, qui se sont installées temporairement au Hilton de Suffren, se retrouvent en couverture de Paris Match, sous le titre « Gainsbourg Birkin : la rupture Ils se sont aimés douze ans: la fin brutale d’un amour ».

Couple Gainsbourg Birkin
«Je suis malheureuse, très malheureuse. Et je préfère ne pas en parler », dit-elle. On n’en saura pas plus: l’article précise que son avocat Gilles Dreyfus lui a conseillé de ne faire aucune déclaration à la presse.

Régine :

«La séparation, Serge l’a provoquée, l’a voulue et l’a organisée. Il ne lui a jamais pardonné qu’elle pût penser avoir une aventure avec quelqu’un d’autre. Quand elle est partie, il m’a dit qu’il ne la reprendrait jamais.»

Gainsbourg :

«Jane est partie par ma faute, je faisais trop d’abus, je rentrais complètement pété, je lui tapais dessus. Quand elle m’engueulait, ça me plaisait pas : deux secondes de trop et paf… elle en a subi avec moi mais ensuite c’est devenu une affection éternelle…»

Kate Barry :

«C’est vrai qu’à la fin ça tournait en rond, c’était l’Élisée-Matignon tous les soirs avec les mêmes spectateurs, la même cour de connards de la nuit. Jane n’en pouvait plus, elle avait l’impression d’étouffer, d’assister à une autodestruction. Il ne se rendait pas compte que maman n’en pouvait plus, elle ne respirait plus, ce n’était plus une vie de couple, c’était un monologue. »

Andrew Birkin :

«Comme je ne vivais pas avec lui je pouvais me permettre, quand on sortait, d’être irresponsable, ce n’était pas moi qui devais en subir les conséquences, mais ma sœur. Et puis je pense que Jane était prête à être façonnée par son Pygmalion jusqu’à un certain point, mais pas plus. Leurs plus grosses disputes venaient de là. Ses exigences esthétiques allaient parfois trop loin… »

Judy Carnpbell-Birkin :

«Jane se sentait tellement malheureuse. Nous avons passé une nuit à pleurer, elle me répétait : “Je n’aimerai jamais quelqu’un comme j’ai aimé Serge”, je ne trouvais pas les mots pour endiguer ses larmes. »

Le 9 novembre, à minuit, il accepte l’invitation de Viviane à participer à son émission Vous avez du feu ? sur Europe n°1 il y fait «une bouleversante confession », comme on le raconte ensuite dans France-Dimanche:

«Je viens de prendre une sérieuse leçon. […] A cinquante-deux ans je vis mon premier chagrin d’amour. Et je sais qu’ il est aussi violent et même plus que si j‘en avais vingt. Si certains qui m’écoutent me prennent pour un cynique, ils doivent savoir que cela fait des mois que je pleure des larmes brûlantes, de vraies larmes […] Je n’ai jamais été aussi malheureux qu’aujourd’hui.» Il reconnaît cependant qu’il est difficile de vivre avec lui :

«Il faut prendre des risques. Moi, c’est le genre formule 1, c est pas la 2 CV. C est épuisant dans ce sens que je reconnais être un grand éthylique et un grand tabagique. J’ai mes humeurs, j ‘ai mes angoisses. […] Maintenant, je vais passer à d’autres filles, mais je ne sais pas draguer, je ne suis pas un dragueur. Et puis, je suis triste, je ne peux pas maintenant. Je n’ai jamais su draguer, j‘ai su d’instinct les filles avec qui j ‘avais une chance. […] Je suis un romantique, c est pourquoi je suis blessé. Je suis désespéré. C’est très difficile. Moi, je suis un gamin, un gamin qui a beaucoup souffert, mais un gamin.»

Une autre femme vient pourtant de faire son entrée dans la vie de Gainsbourg, même si ce n’est pas encore officialisé médiatiquement (les premières photos ne seront publiées qu’au printemps 1981). Il a rencontré Caroline, alias Bambou, vingt et un ans, mannequin chez Paris-Planning, à l’Élisée-Matignon, incident qu’elle a relaté à sa façon dans le livre «Il et lui» qu’elle a publié en 1996:

Bambou-et-Serge-Gainsbourg
Une-boîte de nuit branchée. C’est la première fois qu’elle y met les pieds, son agence a organisé une soirée. Jamais elle ne va à ce genre de soirée à la con, ce soir exception ! Elle est sur la piste, elle danse au rythme du disco, avec les lumières qui flashent dans tous les sens.

Le patron de la boîte l’aborde et lui dit que le monsieur, là-bas, lui ordonne de venir à sa table. Elle regarde dans la direction indiquée, l’étonnement se lit sur son visage.

Non, mais il se prend pour qui ce vieux con ?
Elle hausse les épaules et d’un ton détaché répond :
Je ne le connais pas, qu’il aille se faire foutre, il n’a pas a me donner des ordres !
Elle se remet à danser comme une folle. Elle est déchaînée, elle aime cette musique. Elle ne veut plus penser, surtout ne pas penser…
Épuisée elle retourne à sa table où une amie l’attend.
Ouah, ça fait longtemps que je n’avais pas dansé comme ça ! Je bois un verre avec toi, j ‘y retourne un peu, ensuite si tu veux, on se tire ! [..]
Elle lève la tête. Il est planté là, avec son seau de champagne.
Salut, le vieux con vient à sa table puisqu’elle ne veut pas venir à la sienne! Espèce de boudin… tu permets ?

Il s’assoit, la regarde en se marrant. Elle sourit, ce mec a du style. Mieux que ça, il lui plaît ! Et qui plus est, elle n’a pas 1‘air de lui déplaire…

 

(article lu 1730 fois)