Jane Birkin Ex-fan des sixties

Ex-fan des sixties – Jane Birkin

En cette fin 1977  Serge Gainsbourg enregistre le nouveau 33 tours de Jane Birkin, Ex-fan des sixties, qui sera publié en février 1978.

La chanson qui donne son titre à l’album fait même une jolie percée dans le hit-parade de RTL et grimpe jusqu’à la 26e place avant de disparaître brutalement du classement a la fin du mois d’avril 1978.

Ex-fan des sixties
Où sont tes années folles
Que sont devenues toutes tes idoles
Disparus Brian Jones
Jim Morrison, Eddie Cochran, Buddy Holly
Idem Jimi Hendrix
Otis Redding, Janis Joplin, T-Rex
Elvis

Jane Birkin :

« J’avais d’épouvantables difficultés à chanter “Ex-fan des sixties”, c’était une question de rythme. Serge ne comprenait pas que je n’y arrive pas. Au bout de cinquante essais, on a laissé tomber, ça devenait tragique. Finalement, on a recommencé six mois plus tard et, entre-temps, Elvis était mort, ce qui fait que Serge a changé les paroles, sinon ça se terminait par “Et la pauvre Janis Joplin.”»

Ex fan des sixties - Jane Birkin

Je laisse des traces de mon passage
Sur tout ce que j’effleur’ avec mon maquillage
Apocalypstick, apocalypstick
Sur toutes les anatomies
Ma bouche se dessine en décalcomanie

Cinq ans après «Di Doo Dah», deux ans et demi après «Lolita Go Home», «Ex-fan des sixties» est une réussite complète, en attendant «Baby Alone In Babylone» dans un tout autre registre. Avant d’aborder les mélancolies et les désamours, Serge et Jane s’amusent de cet «Exercice en forme de Z» :

Zazie
Sur les vents alizés
S’éclate dans l’azur
Aussi légère que bulle d’Alka Eitzer
Elle visionne le zoo
Survolant chimpanzés
Gazelles lézards zébus buses et grizzlis d’Asie

On aborde ensuite une «Mélodie interdite» avant de découvrir un personnage très attachant, inspiré par son ami Dutronc, une chanson que Françoise Hardy avait d’ailleurs refusé de chanter : «L’aquoiboniste».

C’est un aquoiboniste
Un faiseur de plaisantristes
Qui dit toujours à quoi bon
A quoi bon
Un aquoiboniste
Un drôle de je-m’enfoutiste
Qui dit à tort à raison
A quoi bon

On balance sur le «Rocking-chair» prêté quatre ans plus tôt à la jeune Isabelle Adjani avant d’assister à la «Vie, mort et résurrection d’un amour-passion» qui débute par cet émouvant quatrain :

Nous nous sommes dit tu
Nous nous sommes dit tout
Nous nous sommes dit vous
Puis nous nous sommes tus

Jane, «Dépressive» chronique, est toujours persuadée de devoir payer demain les petits bonheurs d’aujourd’hui. Mini-portrait hyperréaliste :

Je n’sais c’qui cloche
Tout me semble moche
L’pire c’est qu’c’est sans raison
En quoi est-ce un crime
D ‘faire de la déprime
Et d’broyer du charbon ?

Accompagnement discret, léger delay sur la voix, guitare acoustique : pour «Le velours des vierges» Serge devient lyrique. S’agit-il d’un rêve, d’une réminiscence de ces poètes romantiques du XIXe siècle qu’il apprécie tant ?

Vois-tu là-bas leurs chevaux
Courir un vent de folie
La hargne de ces furies
Leur passant par les naseaux
Ils se jettent à l’assaut
Se ruant à l’agonie
Au grand galop

Une bien étrange affaire, qui ne laisse pas d’étonner. Autre exercice, en forme de X cette fois :

Classée X
Excès d’sexe
Classée X
A l’index
Classée X
C’est l’intox !

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